LIBERTE-CHERIE :: LES CARAVANIERS DU SEL A DJIBOUTI,AU NIGER ET AU MALI
LIBERTE-CHERIE Index du Forum

LIBERTE-CHERIE
un forum d'amitié et de discussions sans prétention...parler de tout et s'amuser...s'instruire et bavarder sans tabous, dans le respect...pas de pornographie ni de racisme....

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

*
LES CARAVANIERS DU SEL A DJIBOUTI,AU NIGER ET AU MALI

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    LIBERTE-CHERIE Index du Forum -> CURIOSITES OU CHOSES BIZARRES -> CURIOSITES
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Alain
fondateur-administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 31 Oct 2008
Messages: 7 693
Localisation: Chevilly près d'Orléans
Masculin Poissons (20fev-20mar) 鼠 Rat
fondateurs-admin: fondateur-administra

MessagePosté le: Sam 28 Mar - 09:51 (2009)    Sujet du message: LES CARAVANIERS DU SEL A DJIBOUTI,AU NIGER ET AU MALI Répondre en citant

DJIBOUTILES CARAVANIERS DU SEL

Images PHILIPPE MONTILLIER




Le pays de Djibouti fait en effet partie d’une vaste zone dépressionnaireou le sol se trouve souvent au-dessous du niveau de la mer. Cette dépressioncorrespond au point de rencontre de trois axes de fracture de l’écorce
terrestre : le rift africain, le rift de la mer Rouge et le rift du golfe d’Aden.Assal, d'eau et de sel







Au nord-ouest du Goubet, se trouve donc Assal, étendue d’eau et de sel inattendue, inespérée sous l’azur enflammé et au centre d’un immense cirque montagneux. Le niveau actuel de l’endroit se trouve à 150 mètres au-dessous du niveau de la mer et représente le point le plus bas et le plus chaud du continent africain. Son eau renferme 340 grammes de sel par litre, soit dix fois la concentration de l’eau de mer ! L’évaporation a entraîné la formation d’une banquise de sel, immensité blanche occupant les deux tiers du lac dans sa partie nord-ouest. Cette banquise est très épaisse (environ 70 mètres) et produit un sel pur et parfaitement comestible ; c’est le plus important réservoir naturel de sel de l’Afrique. De tous temps, des caravaniers ont exploité ce filon intarissable et les Afars viennent encore y récolter des sacs de sel pour les écouler en Éthiopie.

Le jour pointe à peine. La relative fraîcheur de la nuit s’estompe pour laisser place à une chaleur sourde qui monte en volutes du sol caillouteux. Dans l’aube naissante, les chameliers s’affairent à bâter les bêtes, à regrouper les charges, à tendre les cordages. Abdallah fait crépiter le feu sur lequel l’eau du thé bout déjà. À ses côtés, Karim se concentre sur la pâte qu’il cuit à même la pierre plate placée sur le bord du foyer : ses galettes de sorgho sont un délice. Nous venions de traverser en trois jours la forêt du Day et la halte de la veille, à la tombée de la nuit, marquait un changement radical, du moins du point de vue végétation. C’est simple maintenant il n’y en avait plus du tout et nous étions désormais voués à marcher dans un espace semi-désertique ou règnent la pierre, le silence, la chaleur et la soif. La soif ressentie à Djibouti impose de boire environ six litres d’eau par jour, en tout cas au début de cette marche s’assimilant facilement aux exercices courants de la Légion tels que l’on les imagine. C’est terrible ! En même temps, l’on sent son corps vibrer ici plus qu’ailleurs, demander de l’aide plus violemment, quémander avec insistance quelques gouttes de liquide, quel qu’il soit, supplier notre cervelet d’obliquer à droite ou à gauche, vers l’ombre, forcer notre esprit à compter parfois les pas qui nous séparent d’une halte. La pierre est partout présente : champs de parpaings noirs, blocs rocheux émergeant du sable, lits d’oueds desséchés, massifs volcaniques coupés de canyons, paysages tourmentés et sévères, témoins fossiles des convulsions terrestres du passé. Rien d’agréable apparemment et pourtant, je vivais bien à cet instant l’un de mes plus beaux voyages…

Comme je l’ai vécu bien souvent, en d’autres lieux, au prix d’inconfort et de fatigue, je découvrais en ce début de journée de janvier des paysages étonnants traversés par des gens encore plus étonnants. Je m’aventurais dans le silence des oueds qui n’atteindront jamais la mer, sur des pistes millénaires tracées par le seul bon sens des caravaniers ou chacun de mes pas semblait me rapprocher davantage des origines du monde.


¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
<a href="http://www.casimages.com"><img src="http://nsa03.casimages.com/img/2009/01/04/090104085158698337.gif" alt="Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit" border="0">


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur MSN
Publicité






MessagePosté le: Sam 28 Mar - 09:51 (2009)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Alain
fondateur-administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 31 Oct 2008
Messages: 7 693
Localisation: Chevilly près d'Orléans
Masculin Poissons (20fev-20mar) 鼠 Rat
fondateurs-admin: fondateur-administra

MessagePosté le: Sam 28 Mar - 09:55 (2009)    Sujet du message: LES CARAVANIERS DU SEL A DJIBOUTI,AU NIGER ET AU MALI Répondre en citant

par Edmond Bernus
Mali, Niger
Caravaniers du sel


(SYFIA/Histoires de développement*) Bien avant que la dévaluation n'ait remis les produits locaux au goût du jour, le sel du Sahara avait su conserver sa place sur les marchés sahéliens à côté du sel industriel importé.

Exploitées depuis des siècles, les deux salines sahariennes de Taoudeni au Mali et de Bilma au Niger ne sont reliées au reste du monde que par le cordon ombilical des caravanes. Les caravaniers appartiennent à certains groupes nomades spécialisés dans ce commerce. Il faut en effet posséder un élevage de chameaux, mâles en majorité, initiés au portage et à cette lente marche processionnaire dans le désert. A Taoudeni, les caravaniers les plus nombreux et les plus influents sont les arabophones Berabich qui sont servis les premiers s'ils arrivent en compagnie d'autres nomades tels les arabes Kounta, les Touaregs de Gao ou de Kidal, etc. Les caravaniers sont presque tous originaires des cercles de Tombouctou et de Gao ou encore de Goudam.Ceux qui vont chercher sel et dattes à Bilma sont essentiellement des Touaregs. Il faut citer parmi eux les Kel Geres, Touaregs du sud, agro-pasteurs qui vivent aux frontières du Nigéria et qui ont quitté l'Aïr au XVIII° siècle ainsi que les Kel Owey, Touaregs restés dans les montagnes de l'Aïr et qui pratiquent une économie basée sur le commerce caravanier, l'agriculture irriguée d'oasis et l'élevage. Les traversées du désert ont longtemps été dangereuses pour ces caravanes offertes aux convoitises des pillards. Entre Tombouctou et Taoudeni les Regueybat, qui aujourd'hui réclament leur indépendance sous la bannière du Front Polisario, étaient une menace parmi d'autres. Entre Agadez et Bilma, on redoutait les arabes Aouled Sliman et les Teda (souvent appelés Toubou).

La "Taghlamt" du Niger

Au Niger, la caravane de Bilma, la "Taghlamt", circule entre septembre et début janvier. Les caravaniers sont des hommes capables d'affronter une marche forcée de jour et de nuit car ils vont autant à pied qu'à chameau. Qu'ils soient originaires de l'Aïr ou du sud, leur premier travail est de rassembler tous les produits qu'ils vont apporter au marché de Bilma. C'est d'abord le mil que cultivent les Kel Geres et les Touaregs du sud et dont ils réservent une part de la récolte pour la vente. Les Touaregs de l'Aïr vont acheter le mil sur les marchés du sud avec l'argent du sel et des dattes rapportées de Bilma : ils effectuent ainsi un mouvement triangulaire entre l'Aïr où ils vivent, les salines et les zones méridionales productrices de mil. Les Kel Owey de l'Aïr apportent des tomates séchées grâce à leur production maraîchère en partie destinée à l'exportation. Mais les caravanes apportent bien d'autres produits : beurre fondu, viande séchée, sucre, thé, tabac, tissus etc.Arrivés aux portes de l'Aïr, de nombreux Touaregs s'arrêtent pour compléter leurs provisions de bois (remplacé par des crottes de chameaux si le bois manque), de fourrage (cubes de paille tassée), et d'eau dont on remplira une dernière fois les outres au puits de "l'arbre du Ténéré", symbole végétal aujourd'hui disparu.Chaque petite caravane est conduite par un guide qui a déjà fait le trajet. On marche une partie de la nuit : il fait plus frais et on s'oriente alors plus facilement que le jour, grâce aux étoiles. Fachi, qui n'est qu'à 350 km d'Agadez, constitue la première étape, mais son sel et ses dattes sont de moindre qualité qu'à Bilma ; les chameaux fatigués s'arrêtent là, mais les caravaniers, en majorité, poursuivent jusqu'à Bilma. Un marché s'installe à chaque arrivée de caravane et des marchandages s'esquissent entre des partenaires qui se connaissent souvent depuis longtemps. On troque dattes contre mil, mesure contre mesure, (ou deux contre une) à un taux qui varie d'une année à l'autre ou même au cours d'une même année selon que la transaction se fait pendant ou après la récolte des dattes. Le sel est payé en argent avec le prix des marchandises vendues. Lorsque les transactions sont terminées, le sel est emballé, les dattes sont enfermées dans des sacs en fibres de palmiers, la paille et le bois restants sont hissés au-dessus des charges, alors qu'un petit mortier, un court pilon, une outre ballonnée, sont arrimés sur les côtés. La caravane reprend la route inverse et, bien souvent, c'est fin décembre, ou courant janvier, que les hommes regagnent leurs villages ou leurs campements et que les chameaux sont mis au repos sur de bons pâturages.

Des vertus inégalables

La persistance des caravanes du sel nous interpelle. Comment expliquer que le sel saharien ait résisté au sel marin, que le sel artisanal, souvent ocre, n'ait pas disparu devant le sel industriel, blanc, raffiné ? La réponse est claire : le sel saharien possède des vertus que ne possède pas le sel industriel. Tous les pasteurs disent que si leurs animaux et eux-mêmes n'ont pu boire les eaux des sources salées, si leurs troupeaux n'ont pas ingéré la terre salée ou natronée au cours de la nomadisation estivale de la "cure salée", ils souffrent de déficiences graves et d'héméralopie (diminution de la vue). Les éleveurs qui ne pratiquent plus le nomadisme et les transhumances estivales, ont remarqué les mêmes déficiences chez les animaux privés de sel saharien : ce sel contient des oligo-éléments indispensables, absents du sel marin.Comment comprendre que le sel qui doit traverser le désert n'ait pas capitulé devant le sel distribué par route et voie ferrée ? Comment expliquer la survivance de ce commerce caravanier à l'époque des véhicules tout-terrain ?Première réponse : le commerce caravanier est rentable pour qui ne comptabilise pas son temps. Vers les années 1960, un grand "pain" de sel (kantou) acheté 35 F cfa à Bilma était revendu dans le sud de 500 à 750 F cfa. On avait calculé qu'un chameau des Kel Geres venu du sud rapportait 7 000 F cfa par voyage aller-retour (en tenant compte du bilan des échanges mil-sel et dattes).

Chameaux contre camions

Au cours des années où les déficits pluviométriques ont atteint des records (1972-1973 et 1983-1984), les caravanes, faute de fourrage, ont été interrompues : elles ont été remplacées par des camions et les échanges ont été organisés par l'administration. On aurait pu croire que la fin des caravanes était arrivée. Or il n'en fut rien car le remplacement du chameau par le camion et du marchandage par des cours imposés ne donnait pas satisfaction aux sauniers. D'une part, les camions apportaient essentiellement des céréales et ne pouvaient offrir toute la gamme des produits de la caravane. D'autre part, le marchandage pratiqué avec des partenaires connus et appréciés, le jeu des discussions, la fête née de cette rencontre annuelle, étaient remplacés par des échanges sans surprise et sans débats avec des fonctionnaires souvent anonymes.Quel avenir prévoir pour ces caravanes du sel ? Il est impossible de se prononcer dans une période où toute la zone sub-saharienne s'embrase et où l'insécurité s'installe de la Mauritanie au Tchad, à travers le Mali et le Niger.* Histoires de développement est une revue trimestrielle éditée par le Centre international d'études pour le développement local (30 rue Sainte Hélène - 69002 Lyon - France).



¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
<a href="http://www.casimages.com"><img src="http://nsa03.casimages.com/img/2009/01/04/090104085158698337.gif" alt="Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit" border="0">


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur MSN
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:40 (2017)    Sujet du message: LES CARAVANIERS DU SEL A DJIBOUTI,AU NIGER ET AU MALI

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    LIBERTE-CHERIE Index du Forum -> CURIOSITES OU CHOSES BIZARRES -> CURIOSITES Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com