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Les derniers maîtres du bush

 
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Séverine
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MessagePosté le: Lun 21 Sep - 11:54 (2009)    Sujet du message: Les derniers maîtres du bush Répondre en citant

Les derniers maîtres du bush
En Namibie ou au Botswana, un peuple originel a été rattrapé par ce progrès qu’il fuyait. Récit d’une rencontre chez les derniers Bushmen de la savane d’Afrique australe.

A quelques kilomètres de la frontière avec le Botswana, au nord-est de la Namibie, la savane arbustive semi-aride émaillée d’acacias et de mopanes déroule son uniformité sous un ciel limpide. Les chasseurs ont quitté très tôt leur village de huttes de branches entremêlées en forme de dôme au toit couvert d’herbes sèches. Vêtus d’un simple pagne en peau d’antilope, ils partent à la recherche de racines, de fruits et de tubercules, toutes les plantes comestibles que le bush peut parcimonieusement fournir en ce début de saison sèche. Dans le groupe, il y a Nawke et Wittboï. Nawke a atteint peut-être la quarantaine, tandis que son compère, petit, fin et racé, a sans doute dépassé la cinquantaine. Les Bushmen ne connaissent pas leur âge. Dans le Kalahari, dès que l’on sait se servir d’un arc et d’une flèche, que l’on a appris oralement des anciens le pouvoir des plantes qui soignent et les bienfaits de celles qui désaltèrent et qui nourrissent, on est adulte et donc capable de survivre à l’hostilité du désert. Wittboï a prévu d’installer un piège à autruche, ce gros oiseau dont il imite le comportement à la perfection. L’autruche est une bénédiction pour les coureurs de brousse, notamment ses œufs. D’une contenance de deux litres environ, ils font d’excellentes gourdes que les hommes du clan enterrent à des endroits précis sur leur territoire de chasse. Chaque œuf de cette précieuse réserve d’eau indiquée par une marque gravée sur un arbre ou des branches plantées dans le sol est orné d’un ou de plusieurs dessins qui identifient son propriétaire, mais le clan n’oublie jamais d’adjoindre au stock enfoui trois ou quatre œufs supplémentaires vierges de signatures offerts aux éventuels voyageurs assoiffés qui passeraient par là. Dans le bush, la solidarité n’est pas un vain mot.

La langue en clicks

Wittboï a terminé son piège. Le groupe repart en silence sur le sable rouge du désert. Partout des traces. Elles trahissent une intense activité nocturne. Nawke s’accroupit devant un patchwork d’empreintes qui se chevauchent : "  ici, un koudou, là des oryx, là plusieurs gnous et là-bas un chacal qui les suit ", dit-il, "  en ce moment, les femelles mettent bas, en rôdant derrière le troupeau, le chacal espère qu’une occasion se présentera pour attraper un petit… ". A ce jeu de piste, personne ne peut égaler le savoir des Bushmen. Ils sont capables de préciser si telle ou telle bête est malade, si elle est âgée, si elle est pleine, si elle fuit, quand elle est passée, à une ou deux heures près. Rien ne leur échappe et les marques imprimées dans le sol sont le prétexte à de longs conciliabules sur la stratégie à adopter. Les échanges s’effectuent dans cette langue unique dite à " clicks ", où chaque consonne est énoncée en claquant la langue dans le palais. Un babil étrange, métallique totalement incompréhensible pour le non-initié. Souvent, les Bushmen s’en amusent, comme ils aiment d’ailleurs rigoler de tout. Pour ce peuple fraternel, le sens de l’humour et la gentillesse sont des valeurs qui se transmettent de génération en génération, comme le respect et la connaissance intime de son environnement.

Larves empoisonnées

En cette fin de saison humide, les naissances se bousculent parmi les grands herbivores de la savane. Afin de laisser le temps à leurs petits de grandir et disposer ainsi de gibier en abondance les autres mois de l’année, le clan évite de chasser à cette période. Chez ce peuple hôte des terres arides de l’Afrique australe depuis 20000 ou 30000 ans, les techniques de chasse n’ont pas varié. Comme ses pairs, Nawke ne se sépare jamais de son arc et de son carquois conçu dans la racine d’un grand acacia. Le cylindre abrite les baguettes à feu, en bois de manguetti, et les flèches à la pointe en os de springbok enduite d’un poison élaboré avec des larves très venimeuses d’un scarabée noir. Ecrasée puis amalgamée à la sève collante d’une plante du bush, la pâte obtenue est si redoutable que les hommes prennent mille précautions pour la mettre hors de portée des enfants lorsqu’ils la confectionnent au camp. L’équipement est rudimentaire, mais bigrement efficace : lorsqu’il a repéré et choisi sa cible, le chasseur l’approche le plus discrètement possible pour se placer à portée de tir. Véritable virtuose, un archer Bushman rate très rarement son coup. Il suit alors sa piste à la trace, en attendant que le poison agisse. La scène finale n’est pas une légende : devant la dépouille de sa proie, le chasseur s’incline pour lui dire à l’oreille qu’il regrette de l’avoir tuée, qu’il a été obligé de le faire pour nourrir sa famille.

Le feu de la danse

A la chasse, un Bushman ne craint personne, ni le mamba noir qu’il évite toutefois de fréquenter de trop près, ni le cobra zébré dont il sait attraper la queue en souplesse pour mieux fouetter le serpent sur le sol et lui briser la tête. Le seul animal qu’il appréhende a des ailes : le touraco concolore au plumage gris bleuté et à la tête ornée d’une crête, a la fâcheuse manie d’alerter le voisinage de la présence d’un danger par ses cris braillards. Les Bushmen ne supportent pas cette sentinelle dont le tocsin annihile tous leurs efforts et X’anti, l’un des autres chasseurs, l’a signifié dans le bush en adressant un regard noir à l’intempestif volatile. Mais déjà le soir descend dans la savane. Le groupe rentre au village, les besaces en peau de koudou chargées de baies et de gros rhizomes noirâtres arrachés au sol aride. Leur pulpe farineuse regorge de vitamines. Cette fois, les chasseurs n’ont pas trouvé de ruche sauvage. Le miel des abeilles est l’une des très rares gourmandises offertes par cette nature spartiate. On se contentera donc de ces racines vite croquées avec quelques baies avant la longue séance de danse autour du foyer central. Pas d’instruments, juste des grelots que les hommes se fixent aux chevilles. Ce sont eux qui évoluent en sarabande, encouragés par les claquements syncopés des mains et les voix aiguës des femmes assises en cercle autour des flammes. Un peu fatigué de sa journée, X’anti ne danse pas. Allongé sur le sable, il a chaussé une vieille paire de baskets et coiffé son crâne d’un bonnet de laine. Ses traits burinés témoignent des longues randonnées dans la brousse, des journées entières à pister la grande faune.

Objets de curiosité

Le visage léché par la douce lumière du foyer, X’anti garde son éternel sourire, mais il a le blues. Il n’y a pas eu de chasse aujourd’hui, il n’y en aura pas demain, ni dans une semaine, ni dans un mois et ce n’est pas, comme les anciens le lui ont appris, pour respecter le sevrage des petits de gnous, d’oryx, de springboks ou de koudous, mais parce que la chasse est absolument interdite par le propriétaire de l’immense ferme de 6000 ha où le clan est désormais sédentarisé à l’année. Pour un salaire d’une trentaine d’euros par mois et par famille, Nawke et les siens sont devenus des attractions pour les touristes en mal d’exotisme, des visiteurs qui passent la nuit dans de luxueuses tentes safari. " Autrefois, les antilopes étaient à nous, il n’y avait pas toutes ces clôtures, la terre était libre ", dit X’anti avec nostalgie. L’homme sait que le territoire des chasseurs-cueilleurs se réduit comme peau de chagrin : seules des contrées très reculées de la Namibie recèlent encore quelques groupes qui ont réussi à maintenir leurs coutumes et leur tradition. Mais pour combien de temps ? Alors, plutôt que de la subir, lui et son clan de l’ethnie San ont préféré devancer la progression de la civilisation. " Quand le fermier Blanc est venu nous proposer de travailler pour lui, nous avons accepté. Grâce à ce job, nous sommes en bonne santé, nous pouvons nourrir nos familles et nos enfants vont même à l’école ". Et tant pis pour la liberté perdue dans les grands espaces, l’évanouissement d’une culture rustique et l’étiolement de cette osmose profonde d’un peuple avec sa nature. Pour X’anti est ses Bushmen, jouer au primitif devant les touristes, leur apprendre à faire naître le feu en frottant deux bouts de bois, danser et chanter pour eux devant la hutte ou leur montrer comment lancer une flèche n’est pas une fin en soi, juste un nouveau moyen de survivre dans la savane de la Namibie d’aujourd’hui.

Source : ESt Républicain

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MessagePosté le: Mar 22 Sep - 07:51 (2009)    Sujet du message: Les derniers maîtres du bush Répondre en citant






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