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Les masques de carnaval de Venise

 
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Séverine
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MessagePosté le: Mar 16 Fév - 15:21 (2010)    Sujet du message: Les masques de carnaval de Venise Répondre en citant

Les masques de carnaval de Venise

A Venise, comme dans d'autres carnavals européens, le mot masque ne sert pas uniquement à désigner l'instrument de carton ou de cuir avec lequel on cache son visage ; il qualifie l'individu tout entier qui, protégé par son costume ou son déguisement, se glisse dans la peau d'un autre personnage, d'un dieu ou d'un animal. De l'an 1268 jusqu'en 1776, le masque vénitien sera l'objet de lois et de décrets, successifs et parfois contradictoires, qui réglementeront strictement son usage. Parfois, il sera interdit, à d'autres moments, il sera imposé, selon les circonstances ou la fantaisie des doges.

Le port du masque, durant de longues périodes de l'année, suscite le développement puis la prolifération des ateliers de fabrication. Les maschereri qui confectionnent les masques, sont organisés en corporation et possèdent leurs propres statuts dès l'an 1436. Les targheri, leurs adjoints, peignent à la demande sur les formes blanches et hiératiques, des physionomies étranges, cocasses ou repoussantes.


Vêtus de la Bauta, et masqués par la larva ou volto.


Masques blancs en papier mâché et fabriqués par les maschereri.


Masque peint par les targheri, symbolise les cheveux, l'herbe et la pluie.

Depuis le renouveau du carnaval, les ateliers de fabrication ont rouverts leurs portes et les artisans vénitiens restent fidèles aux techniques anciennes, proposant des masques de cuir ou des formes de papier mâché. Ces dernières sont fabriquées dans des moules de plâtre dans lesquels on superpose, jusqu'à obtention d'une épaisseur suffisante, des bandelettes de papier détrempé ; lorsque la forme de papier mâché est sèche, elle est démoulée, puis soigneusement poncée et peinte. Si le masque traditionnel cède peu à peu le pas à des créations contemporaines, de nombreux personnages du carnaval vénitien sont encore issus des fastes du XVIII° siècle ou se rattachent à la comédie italienne.

Le costume le plus symbolique du carnaval ancien, la bauta, n'était pas véritablement considéré comme un déguisement puisqu'il était porté même en dehors du carnaval. Il se compose d'une longue cape noire, ou parfois rouge, le tabarro, d'un capuchon de soie noire dissimulant les cheveux, les oreilles, le menton et le cou, et d'un mantelet de dentelle. L'ensemble est surmonté d'un tricorne et le visage est caché derrière un masque généralement blanc, plus rarement noir, appelé larva ou volto. La forme du masque très écarté du visage à hauteur de la bouche afin que son possesseur puisse respirer, parler et se nourrir aisément, permettait de conserver cet uniforme pendant de longues heures. Largement répandu au XVIII° siècle, la bauta était portée par les Vénitiens de toutes les classes sociales car il garantissait un anonymat absolu.

A la même époque, un autre type de masque, la moretta, était très en vogue parmi les femmes de la bonne société. Il était constitué d'un ovale de velours noir qui ne couvrait pas la totalité du visage, n'en dissimulant que le centre, et mettant en valeur chevelure et décolleté. Mais c'était un véritable piège car, maintenu contre le visage par une patte serrée entre les dents, il obligeait la belle qui le portait à rester muette ; si elle ouvrait la bouche, le masque tombait, adieu mystère et anonymat.

Parmi les autres personnages du carnaval, le matacino est tantôt vêtu d'un habit multicolore et coiffé d'un béret à plumes, tantôt d'un ensemble blanc à pourpoint court surmonté d'une coiffe affublée de grandes oreilles. Autrefois, les matassins se déplaçaient en bande et lançaient des œufs remplis d'eau parfumée sur les femmes dont ils voulaient attirer l'attention. Le gnagha, qui jouit d'une grande popularité, est un homme déguisé en femme dont les pitreries et les obscénités réjouissent la foule. Domino est un personnage vêtu d'une immense cape, au large capuchon ressemblant au camail des ecclésiastiques. Jadis, lorsqu'on le croisait, on le saluait sur un ton respectueux d'un "benedicamus Domino" obséquieux et moqueur. Ces inquiétants oiseaux au bec immense, isolés du monde extérieur par de longues capes sinistres, sont les "médecins de la peste" . Dans la Venise d'autrefois, hôtesse coutumière des épidémies de peste, ce masque avait la fonction prophylactique. Pour éviter la contagion le long bec de cet abito peculiare était rempli d'herbes aromatiques que les médecins respiraient en déambulant. Leur corps était entièrement protégé par une immense cape, des gants et des lunettes. Comme rien n'est plus ridiculisé que la maladie et la mort en période de carnaval, cet accoutrement grotesque fut vite singé par les défilés et les mascarades.

Les masques du carnaval vénitien issus de la Commedia dell'arte étaient des plus populaires : Arlequin coloré au visage de cuir noir, Polichinelle le bossu vêtu de blanc au grand chapeau et au nez busqué, Colombine, Pantalon le vieillard à la barbichette de faune, grincheux et attifé d'une combinaison grotesque coupée dans une seule pièce d'étoffe…

Aujourd'hui, Arlequin et Pantalon n'ont pas déserté, mais ils cèdent peu à peu le pas à des créatures éblouissantes et éthérées. Si les costumes traditionnels, dans lesquels chacun reconnaît bauta, gnagha, maticino, Pulcinella ou Pedrolino sont encore nombreux, les nombreux masques rivalisent de richesse, d'audace et d'imagination. La confection de déguisements composés de tissus somptueux et d'ornements insolites n'est pas l'apanage des seuls artisans costumiers dont la clientèle aisée afflue de tous les coins du monde. Certains masques font parfois de lourds sacrifices pour s'offrir le privilège de devenir, pendant deux semaines, un personnage méconnaissable et admirable.

A Venise, chaque année, chargée de brocards, d'or et d'argent, de perles et de velours damassé, de tulle et d'organdi, les fantômes blancs réapparaissent pour rompre la monotonie, l'ennui et le conformisme de l'existence des hommes.


L'homme porte une larva, et la femme se dissimule sous une moretta


Version moderne du matacino bianco ?


Pour affronter un printemps rayonnant de couleurs et de fleurs.


Le" médecin de la peste".


Le gnagha, homme déguisé en femme

Textes de Marielle MEDAS
Photographies de Paul LUTZ
Tiré du livre "Masques de Venise"
1995, Editions du Chêne,
Hachette Livre.

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Vis comme si tu devais mourir demain
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