LIBERTE-CHERIE :: histoire de la légion d'honneur
LIBERTE-CHERIE Index du Forum

LIBERTE-CHERIE
un forum d'amitié et de discussions sans prétention...parler de tout et s'amuser...s'instruire et bavarder sans tabous, dans le respect...pas de pornographie ni de racisme....

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

*
histoire de la légion d'honneur

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    LIBERTE-CHERIE Index du Forum -> HISTOIRE -> Anecdotes historiques
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Séverine
fondateur-administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 03 Nov 2008
Messages: 2 642
Localisation: Reims, France
Féminin Capricorne (22déc-19jan) 蛇 Serpent
fondateurs-admin: admin

MessagePosté le: Ven 12 Mar - 16:32 (2010)    Sujet du message: histoire de la légion d'honneur Répondre en citant

Histoire de la légion d'honneur

Un grognard demanda la croix pour deux blessures qu'il avait reçues, l'une à Wagram et l'autre à la cuisse gauche.

La légion d'honneur est une vieille dame rougissante qui eut pour père Bonaparte et pour maman, dit-on, la vanité.
Ce qui, sans doute, explique bien des choses…
À sa naissance, le 19 mai 1802, de nombreuses personnes protestèrent, disant qu'elles ne la trouvaient pas assez républicaine. À cela, le futur empereur répondit :
- Je défie qu'on me montre une république, ancienne ou moderne, dans laquelle il n'y ait pas eu de distinctions. On appelle cela des hochets ; eh bien, c'est avec des hochets que l'on mène les hommes.
Et il fit faire une belle médaille dont le destin imitait l'insigne des "Philadelphes". C'est-à-dire qu'elle fut constituée géométriquement par cinq triangles, complétés chacun par un compas, les pointes en l'air…

Après avoir été une espèce de cantinière chargée de récompenser les braves soldats, mme légion mondanisa, accordant ses faveurs (et jamais ce mot ne fut plus à sa place) à des écrivains, des savants, des peintres, des musiciens…
Dés lors, ce fut la ruée….
Pin-up (au vrai sens du mot), tous les Français la trouvèrent désirable et nombreux furent ceux qui firent des bassesses pour obtenir d'elle un baiser, sachant bien qu'il leur resterait une très honorifique trace de rouge à lèvres sur le revers de leur veste…
Chacun s'ingénia à lui plaire, par le talent, l'intelligence ou la bravoure. Certains trouvant qu'elle ne le s remarquait pas assez vite, lui envoyaient une liste de leurs mérites. Elle reçut ainsi, par l'intermédiaire des souverains, bien des lettres de déclarations. En voici quelques échantillons savoureux :
D'abord, cette supplique authentique d'un ancien grognard de la Grande Armée à Napoléon III :

Mon Sire,

J'ai contracté sous votre très cher oncle deux graves blessures mortelles qui font depuis bientôt quarante années l'ornement le plus beau de ma vie ; dont l'une à Wagram et l'autre à la cuisse gauche.
Si vous croyez ces deux faits d'armes dignes de la "croix des braves", j'ai bien celui de vous en remercier à l'avance.
Madame mon épouse serait très sensible à cette attention de votre part.
Signé : BONNIOT

Enfin, on sait que le baron Dudevant, l'infortuné mari de Georges Sand, demanda la croix de la légion d'honneur à Napoléon III, "en raison des malheurs conjugaux" qui l'avaient frappé !
Si tous les cocus avaient des médailles !...

Aujourd'hui, malgré son âge, Mme Légion continue d'être extrêmement courtisée. En 1972, elle compte plus de 200 0000 légionnaires répartis ainsi : 79 grand-croix, 747 grands officiers, 5 504 commandeurs, 41 234 officiers, 172 275 chevaliers.
Il y aurait d'ailleurs cent fois plus de légionnaires si l'on accordait une croix à tous les Français qui la demandent. Sait-on que sur dix visiteurs qui hantent les antichambres ministérielles, sept viennent pour demander la Légion d'honneur ?
Un ministre disait un jour :
Ces gens nous prennent vraiment pour des concierges. J'entends toute la journée : Cordon, S.V.P.!...
On aurait tort pourtant de croire que tous les légionnaires ont intrigué pour être décorés. Comme disait Lireux : "Ils en décorent, par-ci, par-là, quelques-uns qui le méritent, parce que c'est par le croisement des espèces que la beauté de la race se perpétue".

Si Mme légion aime les généraux, les médecins, les magistrats, les écrivains de talent et tous les bons serviteurs de la patrie, elle ne déteste pas s'encanailler. C'est ainsi qu'elle a pour amants des politiciens, des gangsters très protégés et des escrocs notoires.
Elle a aussi des relations plus que douteuses. On se souvient de l'affaire Wilson, qui montra comment le gendre du président de la république pouvait se livrer au trafic des décorations en compagnie d'un général du ministère de la Guerre. Plus près de nous, ce sont les margoulins de première grandeur qui se livrèrent à cette "traite des rouges"… Sait-on, par exemple, que sur le corps de Stavisky, trouvé dans la villa du Clair Logis à Servoz, les policiers découvrirent une lettre, signée par le suicidé, recommandant à la bienveillance d'un ministre certain personnage qui voulait la légion d'honneur ?...

Ces curieuses relations n'empêchent pas la vieille dame d'être adorée par ses amants. Certains légionnaires sont si fiers d'avoir été un jour remarqués par elle, qu'ils portent ses couleurs jusque sur leur gilet de flanelle.
Henri Jeanson assure qu'étant allé voir, à l'improviste, un grand écrivain chez lui, il trouva celui-ci en pyjama avec la rosette d'officier de la Légion d'honneur à la boutonnière…
Pendant très longtemps, Mme légion n'aima pas les comédiens. Maintenant, elle les adore. Depuis que les champs de bataille ont été appelés "Théâtre des opérations", elle les prend pour des braves.
Ce goût parfois excessif qu'elle montre pour les acteurs avait déjà frappé Émile Augier qui proposa au gouvernement de prendre un arrêté :
"Article premier : Tous les comédiens seront décorés.
Art.2 : Il n'y aura que les comédiens qui seront décorés !"
- Ainsi, disait-il, plus de jaloux et plus de discussions…
Vieillie, un peu myope, sans doute, Mme Légion accorde ses faveurs aux individus les plus inattendus. Ce qui fit dire un jour à Jules Renard, à la lecture d'une nouvelle promotion :
- Oh ! Vous avez vu, ce pauvre Courteline, il a été décoré dans une rafle !...
Les abus (d'aucuns disent les débordements) de la vieilel dame déchaînent le ssarcasmes des humoristes ; Osacr Widlde s'écriat : "la légion d'honneur est un ordre de chevalerie auquel bien peu de Français ont la chance d'échapper". Un autre, anonyme ajoutait : "le deuil des convictions se porte en rouge à la boutonnière". Et un poète conclut :

Les temps étaient durs autrefois ;
On mettait les voleurs en croix.
Aujourd'hui, les temps sont meilleurs
Et l'on met les croix aux voleurs….

Ce manque de discernement dans ses amours, ce côté un peu fille de joie, a fait recevoir bien des affronts à la trop aimante Mme légion. C'est ainsi que de nombreux hommes illustres refusèrent catégoriquement ses "avances"…
Voici quelques-uns de ces nobles "résistants" : Raspail, Lamenais, Gérard de Nerval, Littré, Barbey d'Aurevilly, Gustave Courbet, Béranger, Maupassant, Pierre et Marie Curie, Degas, Maurice Ravel, Lucien Descaves, André Gide, Francis Jammes, J.P. Sartre…
Quelle belle légion on ferait avec tous ceux-là !
En général, tous refusèrent la croix avec agacement et mépris ; mais certains eurent des réponses qui valent d'être connues :
Berlioz auquel l'État désargenté voulait payer une messe e requiem avec le ruban rouge, s'écria :
- Je me f… de votre croix. Donnez-moi mon argent !
Pierre Curie, quand on lui offrit la légion d'honneur dit simplement :
- Je n'en vois pas la nécessité…
Quant à Daumier, présenté par un ami, il répondit dignement :
- Je prie le gouvernement de me laisser tranquille !...
Et il continua de dessiner….
Il y a quelques années, lorsque Louis Aragon, nouveau Déroulède, refusa la Légion d'honneur, Jacques Prévert lui dit, feignant la sévérité :
- C'est très bien de la refuser ; mais encore faudrait-il ne pas l'avoir méritée !
Ce qui est sans doute la chose la plus dure qui ait été dite sur la légion d'honneur.

Mme légion, dans sa jeunesse, ne s'occupa que des hommes. Plus tard, elle se mit à s'intéresser aux femmes soldats, puis elle ne fit plus aucune différence entre les deux sexes, s'amourachant aussi bien d'un héros de la guerre de 14 que de Mme Cécile Sorel…
De nombreuses comédiennes – et même des danseuses ! – obtinrent la croix des Braves. (On comprend que Clemenceau n'en ait jamais voulu !)

L'une d'elles, célèbre pour avoir "agrémenté" le séjour à paris de maints souverains, reçut un jour le ruban rouge (dans la promotion du ministère des Affaires étrangères, sans doute !).
Un humoriste lui décocha cette épigramme :
Bélise, étant peu façonnière,
S'offrit en chemise à maintes rois ;
Pour son amour de la bannière,
Elle mérite bien la croix.

Mme légion aime aussi les femmes de lettres. Mais elle n'eut pas la chance avec la première qu'elle voulut honorer.
George Sand écrivit au ministre qui lui proposait la croix : "Ne faites pas cela, cher ami, je ne veux pas avoir l'air d'une vieille cantinière !..."

Comme on insistait, elle fit décorer son fils à sa place.
Et c'est ainsi, dit Georges Maurevert dans sa spirituelle étude sur la légion d'honneur, que Maurice Sand porta "la croix de sa mère".

De nos jours, si Lucie Delarue-Mardrus composa une truculente "Ballade des dames légionnaires" dont le refrain est dédié à "Sainte Putain, patronne des honneurs", bien des "autoresses, au contraire, désirent ardemment s'accrocher la croix sur le sein gauche.

À ce propos, on raconte que l'une d'elles – dont les appas sont plantureux – le jour où elle fut décorée, regarda l'endroit où elle allait coudre son ruban rouge et s'écria :
- Tu vas te redresser maintenant, hein, mon gros !...
Napoléon dut en frémir dans sa tombe.

Un jour peut-être – si ce n'est déjà fait – Mme Légion posera sur vous son regard chaud et vos amis vous verront vous colorer avec émotion de cette fameuse roseur de la légion d'honnêtes dont parlent les amateurs de contrepétries. (Rosette de la légion d'honneur)

Ce qui vous donnera droit à l'estime de vos voisins, au respect des agents de police et à la clémence de certains contractuels.
Et puis… vous pourrez toujours faire comme Henri Murger qui utilisait son ruban rouge pour aller à la pêche aux grenouilles, disant avec un sourire :
- Je suis sûr qu'elles mordront ! Tout le monde aime ça !


¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤


**************
Vis comme si tu devais mourir demain
**************


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: Ven 12 Mar - 16:32 (2010)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    LIBERTE-CHERIE Index du Forum -> HISTOIRE -> Anecdotes historiques Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com